mardi 3 mai 2011

Encore un peu sur la courbe en S

J'ai déja évoqué les courbes en S, je vous propose d'aller un peu plus loin sur ce thème en s'appuyant sur les quatre courbes ci-contre. On retrouve un ensemble de courbes similaires dans l'ouvrage de John Terninko, Alla Zusman et Boris Zlotin, "Systématic innovation, an introduction to TRIZ"


La première de ces courbes  est la courbe "performance", qui est une courbe en S stylisée (formée des segments AB, BC et CD).
L'axe horizontal, représente le temps, et l'axe vertical la performance du système.

On identifie quatre segments, sur cette courbe stylisée:
  • Le segment AB qui représente la création du système, qui s'accompagne avec son lot d'imperfections.
  • Ensuite vient Le segment BC, pendant lequel le système s'optimise.
  • Puis, on arrive au segment CD. sur cette partie de la courbe, le système cesse progressivement d'évoluer.
  • Et enfin au delà du point D, le système n'évolue plus.
Il est intéressant de regarder en parallèle d'autres paramètres associés au système.
En dessous de cette première courbe en S, on trouve:
  • Le niveau d'inventivité des innovations pour chaque période
  • Le nombre d'inventions 
  • et enfin la rentabilité du système.
Les quatre courbes sont disposées afin de mettre ces facteurs en regard de la courbe en S



Qu'observe-t-on? Tout d'abord, et c'est une évidence, les trois courbes sous la courbe en S ont des profils assez différents de celle-ci.
  1. Les niveaux d'inventivité tout d'abord:
    • Ils sont élevés en début de la vie du système. Ce sont les concepts qui ont permis au système de naître, et sont en rupture avec les systèmes antérieurs, donc très innovants. Il s'ensuit une multiplication des brevets forts dans cette période.
    • Ensuite, ne niveau d'inventivité diminue graduellement. En effet, tous les concepts forts ont été déposés, avec leurs variantes, dans la première partie de la courbe. Il s'ensuit que les concepts restants sont des optimisations des premiers, et donc avec un niveau d'inventivité moindre. 
    • Le niveau d'inventivité continue de se réduire jusqu'à la fin de la courbe en S.    
  2. Le nombre d'inventions
    • Qualité et quantité ne vont pas de pair, et si les inventions sont à fort niveau inventif en début de cycle, elles sont peu nombreuses. 
    • Par contre, une fois cette étape initiale dépassée, le nombre d'inventions croît tout en étant de niveau inventif plus faible. On est dans la phase caractéristique d'amélioration, d'optimisation, et chaque invention contribue à améliorer le système mais en restant dans le cadre initial.
    • Enfin, à l'extrémité de la courbe en S, le nombre est maximal (avec un niveau d'inventivité faible), puis ce nombre commence à décroitre.
  3. La rentabilité
    Celle-ci a une courbe caractéristique, et doit aussi être commentée:
    • Lors de la première partie de la courbe (segment AB de la courbe en "S", le système coûte. En effet, il faut faire de la recherche, développer les concepts, analyser, déposer des brevets, ... et le marché n'est pas encore à son plein potentiel.
    • S'ensuit une phase de rentabilité (segment BC)  qui croit avec le temps. Dans cette phase, l'accroissement du marché et les économies d'échelle qu'il permet, ainsi que les différentes améliorations, optimisations, permettent l'accroissement continu des gains.
    • Pour finir, sur le segment CD, les gains continuent à croitre, mais plus lentement. Le système est stable et rodé et les résultats ne dépendent plus que de la taille du marché. Dans cette partie, on a affaire à des produits "vache à lait".
Cette dernière courbe, sur la rentabilité, montre qu'il peut être intéressant de continuer a exploiter un produit en fin de vie afin de générer les résultats nécessaires au développement des produits qui vont l remplaçants. Ainsi, et lorsque cela est possible, l'exploitation de deux générations permet une décroissance progressive de l'ancienne et une montée en puissance de la seconde, sans rupture au sein de l'organisation. Le produit en fin de vie ne nécessite plus d'investissements, ne connait plus de graves problèmes (ceux-ci ont été éliminés en cours d'exploitation), et donc permet de générer des résultats avec un minimum d'efforts.
Mais, comme évoqué précédemment, le troisième postulat précise que "Chaque problème est particulier, et, dans ce sens, doit être résolu en accord avec sa situation particulière". Cette situation n'échappe pas à la règle, et un examen au cas par cas est à faire.

Systematic Innovation: An Introduction to Triz (Theory of Inventive Problem Solving)
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